Historique du Sénégal
Le nom « Sénégal » vient du mot wolof signifiant « pirogue » que les explorateurs portugais du 15e siècle ont mal prononcé. Le Sénégal est le pays africain le plus proche des Etats Unis et l'île de Gorée le dernier point de transition des esclaves en cap vers les Amériques.
Le Sénégal est un petit pays de 197.212 kilomètres carrés et 11 millions habitants situé sur la pointe ouest du continent africain. Sa particularité est de renfermer un autre pays, la Gambie, qui est une enclave grande de 11.336 kilomètres carrés. En effet, le Sénégal borde le nord, l'est et le sud de la Gambie. A l'ouest de la Gambie, se trouve l'océan Atlantique. Le terrain du Sénégal est généralement plat avec une région montagneuse haute de 210 m au sud est du pays. Trois (03) fleuves suivent un cours parallèle du sud est à l'ouest : le Fleuve Sénégal qui est long de 1.600 kilomètres, le Fleuve Gambie de 960 kilomètres, et le Fleuve Casamance. Le point de rencontre de ces 3 fleuves constitue la Sénégambie. Le climat est tropical avec une saison des pluies de 3-5 mois et une saison sèche de 7-9 mois. L'humidité décroît du Nord au Sud. La végétation est caractérisée par une savane de hautes herbes et d'arbres éparses. Le sud du pays est parsemé de zones de forêt.
Histoire
Le Sénégal a été habité pendant plus de 150,000 années. Le premier état, celui du Ghana, apparut au nord du Fleuve Sénégal et s'étendit progressivement vers le sud et l'ouest du pays. Diverses entités politiques se sont succédées avant l'arrivée des Portugais en 1445. Vers les années 1510, les Portugais occupèrent l'île de Gorée sur la côte ouest du Sénégal suivis des Hollandais, des Français et des Britanniques. La compétition devint très farouche, notamment entre Français et Britanniques.
En 1659, les Français gagnèrent du terrain en occupant l'île de Saint Louis sur la bouche du Fleuve Sénégal. Les Européens finirent par coloniser tout le Sénégal avant la fin des années 1880 lorsque les Britanniques occupèrent la partie sud de la vallée du Fleuve Gambie, actuellement République de Gambie. Sénégal fut la plus vieille colonie française en Afrique avec d'abord Saint Louis et ensuite Dakar comme quartier général des territoires français en Afrique Noire en 1902. Saint Louis finit par abriter la plus grande communauté européenne en Afrique de l'Ouest, avec un nombre important de Sénégalais devenus citoyens français à part entière.
Les Français ont laissé leur marque sur l'architecture des villes sénégalaises, notamment les villes côtières qui ont toujours préservé les buildings coloniaux. Par exemple, le building néoclassique qui abritait le gouvernement à Dakar, l'actuel palais présidentiel, est devenu une grande attraction touristique. Même après son indépendance survenue le 04 avril 1960, le Sénégal a continué à entretenir des liens solides avec la France. Il a depuis lors connu une remarquable stabilité et un régime démocratique, malgré quelques révolutions et une faible performance économique.
Islam / Religions
L'Islam a pénétré le Nord du Sénégal vers la fin du 8e siècle pour ensuite se répandre au Sud et finalement devenir la principale religion. En Afrique traditionnelle, les populations croyaient en un Dieu unique associé à d'autres divinités secondaires, et à l'immortalité de l'âme. Les Sénégambiens, à l'exception des Jolas, ne croyaient pas au culte de l'objet, mais plutôt à une forme d'adoration plus spirituelle. La polygamie, la circoncision, la politique économique dirigée vers les masses, etc. prouvent que la population sénégalaise s'est facilement convertie à l'Islam. En effet, 94% de la population sont des Musulmans, les non musulmans étant en majeure partie constitués de Jolas et Sérères. Les mosquées font partie du décor quotidien et témoignent de l'intégration harmonieuse d'éléments culturels empruntés et une culture dominée par les wolofs. Environ 4-5 % de la population sénégalaise est catholique, notamment au sud ouest de la Casamance. La cohabitation est remarquable d'autant plus qu'il est fréquent de trouver des musulmans et des catholiques dans la même famille ou le même village. Pendant 20 ans, le Sénégal a été le seul pays avec une population à 94% musulmane dirigé par un président catholique. Le président actuel est un musulman marié à une catholique pratiquante.
Famille/Enfants
Je suis né à Dakar, la capitale et plus grande ville du Sénégal et j'ai grandi dans une famille élargie avec mes frères, sœurs, oncles, tantes, grands parents et cousins. Une telle structure familiale tend à disparaître dans les grandes villes, mais est toujours présente dans les campagnes. Une seule famille peut former un village tout entier. Etant musulman, mon père aurait pu épouser jusqu'à quatre femmes, mais il n'en a jamais eu plus de 2 en même temps. En réalité, moins d'un tiers des maris sont polygames. Les enfants sont le centre de la famille car tous les membres participent à leur éducation. Les plus jeunes étaient toujours sous l'aile protectrice de ma mère. Mon père s'occupait des enfants en âge d'aller à l'école. Dès le plus jeune âge, j'ai appris à être responsable, exercer un bon jugement, et faire de petits travaux domestiques. En contrepartie, je passais beaucoup de temps avec les adultes comme ma grand-mère et mon arrière grand mère qui me racontaient des histoires la nuit et mes oncles qui m'aidaient avec mes devoirs d'école. Comme la plupart de mes camarades, j'ai passé deux ans à l'école coranique, apprenant à lire et mémoriser les versets du Coran avant d'aller à l'école primaire à 6 ans. C'est là où j'ai appris à parler français, la langue officielle du Sénégal. Pendant les vacances, je retournais à l'école coranique. Dans la société actuelle, les enfants sont sujets à la même formation mais beaucoup de jeunes professionnels inscrivent aussi leurs enfants à l'école maternelle française.
Repas
Mon enfance était organisée entre repas, jeux et petits déplacements pour ma famille. Le petit déjeuner comprenait du thé, du lait, et du pain beurré. Comme déjeuner, il y avait du riz au poisson, de la bouillie de mil ou de riz avec du lait caillé. Au dîner, on servait du couscous de mil avec de la viande cuite dans une sauce tomate ou du poisson frit.
Dans les zones rurales, on sert toujours les restes du dîner précédent au petit déjeuner ou de la bouille de mil ou riz avec du lait caillé. Les villageois mangent local alors que les citadins préfèrent le riz importé d'Indochine. Le plat principal dans les villes, considéré aussi plat national, est le riz au poisson avec des légumes cuits dans une sauce tomate. D'autres plats traditionnels pour le déjeuner sont le Yassa Poulet où les morceaux de poulet marinés avec du citron sont grillés puis servis sur du riz blanc avec une sauce oignons, et le Mafé qui est une sauce de pâte d'arachide et de viande servie sur du riz blanc. L'huile d'arachide et l'huile de palme sont fréquemment utilisées lors de la cuisson.
L'eau est la principale boisson qui accompagne les repas mais aussi des jus à base de fruits comme la mangue, le pain de singe, la goyave, la papaye, le corossol, etc. ou des boissons gazeuses produites industriellement sont servies aux visiteurs. La boisson locale la plus populaire est obtenue après infusion de feuilles d'oseille rouge, d'où son surnom de « vin rouge sénégalais ». Des noix de colas importés de Côte d'Ivoire ou du Libéria sont généralement servies après les repas à cause de leur fonction digestive et stimulante. Le cola a aussi une valeur sacrée. En effet, il est utilisé pour sceller de nouvelles relations comme les mariages et les partenariats, pour célébrer les naissances et aussi pour les sacrifices et autres divinations.
Mon moment préféré est la séance de thé après les principaux repas. Toute la famille et les invités se regroupent pendant environ deux heures autour d'une petite théière qui mijote sur le petit fourneau au charbon. Du thé vert de Chine parfumé avec des feuilles de menthe est servi à trois reprises dans de petites tasses et siroté avec des arachides grillées, du pain frais, ou de la viande séchée. Ces moments précieux offrent l'occasion de discuter, prendre des décisions, rire et partager la chaleur humaine.
Pêche/Produits Halieutiques
Le sénégalais est l'un des plus grands consommateurs de poisson au monde, derrière les Japonais. En effet, le poisson est la principale source de protéine. Toutes les variétés sont disponibles : des gros poissons à la chair délicate aux petits poissons avec beaucoup d'arêtes. Les eaux les plus poissonneuses se trouvent sur les 400 kilomètres de côtes maritimes avant même les rivières et lacs.
La pêche est la seconde majeure activité économique après l'agriculture et la plus importante source de revenus d'exportation qui supporte une économie de transformation. Cette activité traditionnelle reste l'une des plus lucratives. En général, les hommes vont pêcher avec des pirogues ou barques et de grands filets. Les pêcheurs et autres aides sont rémunérés avec de l'argent et du poisson. Le produit de la pêche est ensuite vendu aux commerçants grossistes.
La plage est aussi un endroit idéal pour la vente au détail des produits frais provenant des grands navires de pêche et des grandes pirogues de 50 personnes. Dans les villes, les femmes grossistes écoulent leurs produits sur les marchés alors que les hommes exportent vers l'Europe et les autres pays africains. D'autres femmes proposent des poissons séchés, salés ou fumés dans les marchés locaux et aussi jusqu'à 160 kilomètres à l'intérieur du pays ou sur les côtes. D'autres fruits de mer- tels les huîtres et crevettes- sont aussi vendus à l'intérieur ou sur la côte. Le gourmet sénégalais reconnaît les espèces et leurs origines de par leur goût et saveur, tout comme le spécialiste du vin et des fromages peut distinguer les différences subtiles entre les variétés.
Groupes Ethniques
Une douzaine de groupes ethniques qui ont parfois les mêmes coutumes composent la population sénégalaise, d'où une cohabitation riche et pacifique. Les relations inter et intra ethniques sont souvent gouvernées par des rapports basés sur la tolérance et la parenté entre ethnies. Dans les villes, par exemple, la plupart des mariages sont inter ethniques.
Les Wolofs, dont je fais partie, sont le groupe ethnique le plus large, avec 44% de la population. Ils occupent le nord ouest et le centre du pays. Les Hal Pular qui constituent 24 % de la population vivent sur la moyenne vallée du Fleuve Sénégal, la Haute vallée du Fleuve Casamance et au centre est. Les Sérères (15%) vivent au centre de la cote et au centre ouest. Les Jolas (4%) vivent dans la basse vallée du fleuve Casamance et finalement les Mandings (5%) vivent dans la moyenne vallée du Fleuve Casamance. Environ 71 % de la population sénégalaise parlent la langue nationale wolof notamment dans les villes. Les habitants sont pour la plupart des fermiers, la pêche et l'élevage (vaches, moutons et chèvres) considérées activités secondaires. Parmi les Hal Pular, les Fulanis qui vivent dans la région du centre est du Ferlo s'adonnent à l'élevage.
Habillement
Les différentes ethnies du Sénégal sont intimement liées par les mêmes mœurs et traditions de sorte qu'il est très difficile de les distinguer simplement par leur port vestimentaire. Le coton local constitue l'étoffe de base. Le coton imprimé est la base de l'habillement de tous les jours tandis que les tissus teints ou tissés à la main sont portés lors des occasions spéciales. La teinture aux produits végétaux comme l'indigo est un art qui passe de mère à fille tandis que le tissage est exclusivement réservé aux hommes.
Chaque évènement social dicte le port vestimentaire mais le boubou est généralement porté en dehors des heures de travail. Les hommes portent une large tunique et un pantalon assortis sous leur boubou. Le boubou se porte avec une chéchia rouge, un petit chapeau ou un chapeau en coton tressé décoré et des babouches ou sandales en cuir.
Les femmes, quant à elles, portent des habits aux couleurs vives et radiantes. Pour compléter leur tenue, les femmes nouent un pagne autour de leur ceinture sous leur boubou, un foulard assorti sur leur tête et portent des sandales ou mules en cuir. Grâce à leurs combinaisons variées, leurs dessins sophistiqués, et la délicatesse de leurs motifs, les sénégalais et sénégalaises occupent une place privilégiée dans la mode en Afrique Noire.
En plus du port vestimentaire, la coiffure occupe aussi une place importante. Dès leur plus tendre âge, les petites filles ont les cheveux tressés et décorés de perles et autres accessoires. Les jeunes garçons ont les cheveux coupés ou rasés selon le choix de leurs parents. En général, les musulmans préfèrent raser la tête de leurs enfants alors que la coutume de certains groupes ethniques du Sud permet même aux jeunes garçons de porter des tresses. Les types de coiffure diffèrent selon l'age et l'ethnicité. En plus des habits et de la coiffure, les bijoux en or, argent, bronze et cuivre complètent la tenue surtout lors des grandes cérémonies familiales. En fait, la couture, la coiffure et la bijouterie sont les professions qui s'exportent mieux du Sénégal vers l'Afrique, l'Europe et les Amériques.
Sports/Lutte
Les sénégalais sont des mordus de sport comme le football (soccer), le basket-ball, les jeux de dame, la lutte et les courses de pirogues. Cette dernière est très populaire sur les plages. Les pirogues sont décorées de couleurs vives et portent le nom d'une personnalité, d'un saint ou d'un héros local qui en retour assure une protection spirituelle ou un soutien monétaire. La compétition qui draine une grande foule excitée se joue entre villages et banlieues avec des équipes de 6 à 36 hommes. La fin de la compétition est généralement émaillée de bagarres rangées entre pêcheurs surexcités.
Mon passe temps favori est le sport national, la lutte. Les enfants s'adonnent à ce jeu populaire partout où il y a du sable, même dans les cours de maison. La lutte est aussi la principale distraction pendant la saison sèche. D'habitude, les villageois ou les banlieusards organisent des tournois entre eux. Quand j'étais petit, j'allais souvent suivre des combats de lutte en plein air dans notre quartier.
Le rythme des tam-tams et la voie mielleuse des chanteurs remplit l'air et alerte les spectateurs bien avant le coup d'envoi du combat. Vers la fin de l'après midi, tout le monde est en place pour le combat. Les enfants s'accroupissent en un cercle alors que derrière eux, les adultes se tiennent debout, garnis de leurs plus beaux atours. Les spectateurs parient sur leurs champions favoris qui se battent pour des prix, du prestige et une renommée. D'habitude, les lutteurs ne portent qu'un pagne richement tissé autour de leur ceinture, pagne offert par leurs fiancées ou des membres de leurs familles. Les règles du jeu sont simples : un lutteur est déclaré vaincu si ses genoux, son épaule ou son dos touchent le sol.
De nos jours, la lutte est devenue une vraie industrie multimillionnaire où la frappe est permise. Les combats sont organisés dans des stades modernes pour accommoder la grande foule de supporters et les matchs entre titans sont télévisés en direct. Les chanteuses ont l'art d'attiser la fierté des lutteurs pour une confrontation de choc juste et loyale.
Chaque écurie ou camp occupe un coin précis dans le cercle. Dans les deux camps, les charlatans ou magiciens utilisent la médecine traditionnelle et la magie pour protéger leurs lutteurs contre les maléfices. Ainsi, ils font tout pour rendre l'adversaire faible et du coup assurer la victoire du protégé. Après avoir récité plusieurs prières, fait des ablutions protectrices, versé de l'eau bénite et du lait sur leurs corps, porté une panoplie de gris- gris, les deux adversaires se font finalement face et commencent à lutter sous le regard scrutin d'un arbitre et les acclamations de leurs camps.
Le combat commence par des balancements de bras, pendant que chaque lutteur étudie avec art comment prendre avantage des faiblesses de l'adversaire. Apres le combat, les supporters du vainqueur célèbrent toute la nuit pendant que le nom du vainqueur est magnifié en unisson dans des chansons.
Danses
Au Sénégal, la danse s'associe à beaucoup d'évènements sociaux tels les combats de lutte, les cérémonies liées à la fin des récoltes, les baptêmes, etc. Ainsi, les danses et séances de lutte sont des moments de retrouvaille pour les jeunes célibataires, les amoureux et leurs amis qui en profitent pour mettre leurs plus beaux habits. D'habitude, chaque banlieue, village ou groupe d'âge a son propre comité d'organisation.
Toute l'organisation tourne autour de 3 points principaux : la date de l'évènement, les musiciens et les invités. La date est essentielle car il est strictement interdit de danser lors de la période de semences. En général, les musiciens sont composés de 5 à 7 batteurs professionnels. La cérémonie de danse a lieu dans un endroit ensablé au milieu du village ou à un carrefour de la ville. Les enfants s'assoient en cercle sur le sol même alors que les femmes occupent des chaises tout juste derrière ou se tiennent debout. Les hommes, quant à eux, se tiennent debout et forment la boucle extérieure du cercle. Les garçons et les femmes applaudissent avec leurs mains, des morceaux de bois ou de fer. Les batteurs se tiennent dans un coin intérieur du cercle en face des personnalités ravies de leurs plus beaux atours. Ces dernières donnent de l'argent aux meilleurs danseurs et aussi aux batteurs.
Les danseurs se relayent continuellement avec un rythme cadencé et sans ordre précis. D'habitude, seuls les femmes, jeunes filles et jeunes garçons dansent mais parfois les hommes dansent aussi surtout dans le milieu Wolof. Au sud et à l'est du pays, les hommes et adolescents dansent lors des cérémonies religieuses, d'initiation ou de passage d'âge.
L'initiation se fait lors de la circoncision des jeunes hommes, un rite qui marque le passage de l'adolescence à la vie adulte surtout dans les zones rurales telles les sociétés Jolas et Bassari du Sud du pays. Cette pratique tend à disparaître dans les villes où les petits garçons sont circoncis dès leur naissance ou juste avant d'aller à l'école.
La veille de la circoncision, les futurs circoncis se rasent le crâne, mangent leur repas préféré, et passent de bons moments avec leurs proches. A l'aube du jour J, le forgeron local procède à l'opération bien que de nos jours, un infirmier ou docteur soient aussi présents. Les jeunes hommes doivent endurer la douleur pour prouver leur maturité.
Après la cérémonie, pendant que la foule chante et danse en leur honneur, les circoncis se retirent dans les bois ou la forêt pendant 3 à 4 semaines sous l'étroite supervision de quelques initiateurs. Leurs familles leur servent des repas quoique les contacts directs soient interdits. Les initiateurs leur apprennent à se battre, chasser, développer des formes de survie, être patient, bien s'exprimer, être un bon membre de la société, parmi tant d'autres devoirs. Les circoncis apprennent aussi l'histoire de leur peuple, à croire en eux-mêmes, cultiver leur fierté à la fois individuelle et collective et bien se comporter surtout envers les femmes et les personnes âgées. Lors de la retraite, ils sont sujets à différentes formes d'abus de la part des initiateurs et ne peuvent pas contacter des femmes.
A la fin de la retraite, les jeunes hommes reçoivent des cadeaux et de nouveaux habits lors d'une cérémonie de danse itinérante pendant laquelle ils se rendent mutuellement visite. La fête peut durer plusieurs jours. Etant désormais prêts à fonder un foyer, les jeunes adultes entament leurs nouvelles responsabilités en participant aux rencontres entre les aînés du village. Dorénavant, ils sont autorisés à prendre part au conseil de village avec les sages et ne s'occupent que des affaires d'homme.
Agriculture/Foresterie
Au Sénégal, l'agriculture est une affaire familiale : la solidarité est de mise et les villageois s'entre aident au besoin. Chaque adulte possède un lopin de terre mais participe aussi à la culture du champ familial.
Les outils sont rudimentaires et varient de la houe traditionnelle à la charrue. Les engrais chimiques, le fumier et les tracteurs sont modérément utilisés. Néanmoins, les Sérères ont réussi à incorporer le bétail à la culture de leurs terres. Avant l'arrivée des pluies, les fermiers brûlent la mauvaise herbe pour fertiliser le sol souvent fragile et sablonneux.
Le nord et le sud du Fleuve Gambie sont les deux zones de production agricole délimitées par la fréquence et la durée des pluies qui varie de 3 mois au nord à 5 mois au sud. Le nord du pays produit essentiellement le sorgho, le mil, les pois et les arachides alors que les principales cultures provenant du sud sont le riz, le maïs, l'arachide, le coton et le sorgho. L'arachide et le coton sont certes vendus sur le marché local, mais ils sont aussi transformés, commercialisés et exportés. Il est fréquent que dans un petit jardin adjacent à la concession familiale, des légumes comme la tomate, le gombo et des herbes tels le persil, etc. soient cultivés pour leur consommation courante.
Une large variété de fruits est aussi vendue au marché local : la Casamance produit de l'ananas, de la banane, de la mangue, du pamplemousse, des oranges et des noix de palme ; le centre et l'ouest produisent des mangues, des noix d'acajou et des mandarines ; le centre et le nord produisent du fruit de baobab.
Le baobab, du nom scientifique adansonia digitata, est très imposant et impressionnant : il mesure environ 12- 18 mètres de long et 30 mètres de large. Chez les Wolofs et les Sérères, il est utilisé comme médicament, jus, corde, savon, engrais, matériau de pirogue, etc. Dans les temps, son trou creux était l'abri idéal du voyageur ou du fugitif. Le baobab et le tamarinier servent d'habitat privilégié des esprits et génies, ce qui donne à ces arbres majestueux un caractère sacré. On les trouve au milieu de la place publique du village, parmi d'autres arbustes ou encore en groupe.
Architecture
Chaque village a un marché central en plein air qui offre beaucoup de produits de consommation journalière. Le marché est aussi un lieu de rencontre et de socialisation. Il est fréquent de voir des joueurs de dames sous l'ombre d'un grand arbre car les sénégalais excellent au jeu de dames. Non loin du marché, on distingue une mosquée et des maisons. Les habitations sont construites avec de l'argile, de la paille, du chaume et du bois pour former des structures adobe. Ce style architectural est appelé style soudanais. Les maisons rurales sont moins résistantes que les maisons urbaines. Dans les villes, les entrepreneurs construisent leurs maisons avec des briques et du ciment industriel. En général, les hommes construisent les maisons et les femmes s'occupent du décor intérieur. La région côtière est caractérisée par une architecture de style africain et occidental. Par exemple, l'île de Gorée, au large de Dakar, est notoire pour son architecture qui date du 17e siècle.
Le Lac Rose
A 32 kilomètres de Dakar, le Lac Rose (Retba en wolof) est une véritable destination touristique au milieu des Niayes, une zone fertile en bordure de Dakar qui produit des fleurs et des légumes pour la consommation locale et l'exportation. Les terres sont cultivées par les hommes alors que les femmes s'occupent exclusivement de la vente. Le lac Rose est un grand lagon peu profond, situé à quelques centaines de mètres de l'océan et entouré de dunes et de filaos. La vue du lac est particulièrement spectaculaire à l'aube et au coucher du soleil. Il doit sa renommée à sa teinte qui vire du rose au mauve en fonction de l'intensité des rayons solaires. Il doit sa couleur à la présence de micro-organismes et à la forte concentration de minéraux. Le lac est le résidu d'une mer fossile. Les villageois wolof pensaient réellement que le lac était hanté la nuit. Ils n'avaient cependant pas pensé à quitter les lieux car leurs ressources dépendaient de l'extraction et la vente du sel devenu commerce très lucratif. Les femmes sont chargées de l'extraction tandis que les hommes se chargent de l'écoulement en gros du sel.
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